Les savoirs explicites et savoirs tacites cohabitent dans toutes les entreprises. Les premiers se voient facilement : procédures, guides, comptes rendus, documents de référence, tableaux, modes d’emploi. Les seconds circulent plus discrètement. Ils vivent dans les réflexes, l’expérience, les arbitrages, les habitudes de travail, les explications données à l’oral ou les intuitions forgées sur le terrain. C’est souvent là que se cache une part essentielle de la mémoire d’une organisation. Et c’est aussi pour cela que tant d’entreprises en perdent une partie sans toujours s’en rendre compte.
Les savoirs explicites se stockent, les savoirs tacites se transmettent
Une entreprise sait généralement conserver ses savoirs explicites. Elle archive des documents, classe des fichiers, versionne des présentations, conserve des supports de formation. Tout cela forme une base visible et relativement simple à ranger.
Les choses se compliquent dès qu’on parle de savoirs tacites. Un commercial expérimenté sait repérer un doute chez un client avant même qu’il l’exprime. Un chef de projet sent qu’un dossier déraille avant qu’un indicateur passe au rouge. Un technicien sait qu’un problème apparemment banal cache souvent une cause plus profonde. Ce type de connaissance ne tient pas dans une simple fiche. Il se construit dans l’action, dans la répétition, dans les erreurs corrigées et dans les situations déjà vécues.
Voilà pourquoi les savoirs explicites et savoirs tacites ne se traitent pas de la même manière. L’un se formalise assez bien. L’autre demande un vrai travail de captation.
Pourquoi la mémoire se fragilise si vite
Beaucoup d’entreprises pensent protéger leur mémoire parce qu’elles conservent leurs documents. En réalité, elles ne sécurisent souvent qu’une partie du problème. Quand un collaborateur quitte l’entreprise, il n’emporte pas seulement des fichiers mentaux. Il part aussi avec des logiques de décision, des raccourcis utiles, une compréhension fine des contextes et des détails que personne n’avait pris le temps de formaliser.
La perte se produit aussi dans des situations plus banales. Une réunion n’est pas retranscrite. Un retour d’expérience reste oral. Une bonne pratique ne dépasse pas une équipe. Une vidéo de démonstration dort dans un dossier. Petit à petit, la mémoire s’effrite.
Ce phénomène montre bien pourquoi la distinction entre savoirs explicites et savoirs tacites reste essentielle. Une organisation peut croire qu’elle sait, alors qu’elle n’a conservé que la partie la plus visible de son savoir.
Documenter ne suffit pas toujours
Face à ce constat, beaucoup d’équipes répondent par plus de documentation. L’intention est bonne, mais elle ne résout pas tout. Une procédure décrit un enchaînement. Elle restitue rarement le contexte, les hésitations, les signaux faibles ou les raisons profondes d’un choix. Or ce sont justement ces éléments qui aident à mieux comprendre et à mieux transmettre.
Pour préserver sa mémoire, une entreprise doit donc aller plus loin. Elle doit capter des récits d’expérience, des démonstrations, des échanges, des cas concrets, des analyses après projet. Elle doit relier les contenus entre eux pour faire apparaître non seulement ce qu’il faut faire, mais aussi comment et pourquoi cela fonctionne dans la réalité.
C’est là que Narrathèque devient utile
Narrathèque aide justement à mieux traiter les savoirs explicites et savoirs tacites dans un même environnement. La plateforme permet de réunir textes, PDF, vidéos, audios, comptes rendus ou pages web, puis de les structurer pour en faire une base de savoir exploitable. Un document peut ainsi garder sa valeur de référence, tandis qu’une interview, une réunion enregistrée ou un retour d’expérience viennent apporter le contexte qui manque souvent aux formats classiques.
Cette approche change la logique de transmission. Au lieu d’empiler des contenus, l’entreprise construit une mémoire plus complète, plus vivante et plus utile.
Préserver la mémoire, c’est capter ce qui ne s’écrit pas spontanément
Les entreprises ne perdent pas seulement leur mémoire parce qu’elles manquent d’outils. Elles la perdent surtout parce qu’une grande partie de ce qu’elles savent ne se formule pas naturellement dans des documents. Comprendre les savoirs explicites et savoirs tacites, c’est donc comprendre qu’une mémoire d’entreprise ne se limite jamais à des fichiers bien rangés.
Pour mieux transmettre, il faut conserver les faits, bien sûr, mais aussi les expériences, les contextes et les raisonnements. C’est à cette condition que le savoir reste vivant au lieu de disparaître avec ceux qui le portent.

